Le web est un domaine professionnel récent. Je ne songe pas aux entreprises qui utilisent le web au quotidien dans leur processus de production. Je pense plutôt aux entreprises qui existent (uniquement) grâce au web : les agences, les sites de e-commerce, les éditeurs d’applications web…
Parce que cet univers est jeune et en perpétuelle évolution, ses acteurs doivent s’entourer d’une population dynamique et innovante, qui a non seulement grandi avec cette révolution numérique, mais veut avant tout en faire partie. C’est une catégorie de salariés peu agée et peu expérimentée dans le monde de l’entreprise, mais à qui il faut faire confiance parce qu’elle déborde d’idées et possède un désir créatif très prolifique. Le web est loin d’avoir atteint son adolescence et son avenir est tellement gigantesque qu’il faut laisser libre cours à la recherche et aux expérimentations qui se révèleront être demain des standards. L’inspiration existe à tous les niveaux d’une hiérarchie.
Il faut éviter de se considérer comme ayant atteint un état de stabilité et de maturité invariable parce que la course à la première place est permanente. Il n’existe pas de risque à prendre mais uniquement des opportunités à saisir. Rien n’est déjà tracé : il faut dessiner sa propre route.
Cette quasi-obligation de progression est parfaitement compatible avec le monde du web, où les contraintes physiques (notamment logistiques) sont souvent insignifiantes. La scalabilité de la production est rudimentaire. L’exemple le plus évident qui me vient à l’esprit est 37signals qui a su exploser sur le marché sans pour autant décupler son effectif. La clé de la réussite d’une telle politique réside sans doute dans une organisation multi-latérale où aucune entité de l’entreprise ne voit son travail dévalorisé, mais au contraire se retrouve incité à s’impliquer activement (et au départ à titre individuel) à la réussite de l’ensemble de la société.
When you’re hiring, seek out people who are managers of one.
4 commentaires
Naja le 3 Dec à 11:11
http://sethgodin.typepad.com/seths_blog/2008/11/the-marketers-a.html
Et qu’est-ce que tu penses de cet article, by Seth Godin ? Lui, c’est plutôt ‘How to hire a marketer’, mais je trouve que sa façon de voir les choses s’applique à bien des domaines.
Pes le 3 Dec à 16:06
C’est un boulot marketer ? désolé
Martin le 8 Dec à 20:28
A force d’entendre parler de développement agile et de 37 signals, j’ai récemment opté pour leur solution High Rise, un CRM écrit dans une optique minimaliste-suffisante que j’aime beaucoup. Etant seul à travailler au sein de mon entreprise (non pas que les autres ne travaillent pas, c’est juste que je suis seul tout court !), ce type de gestion des tâches liées au relationnel me va très bien. J’ignore ce qu’il en serait, en revanche, à plusieurs, et comment un projet architecturé à la mode GTD se comporte en réalité…
Boris le 9 Dec à 12:44
Sauf que :
Il est très difficile de mobiliser les troupes sur du long terme.
Les “jeunes créatifs” disent oui à tout et le lendemain il n’y a plus personne.
Les caractères sont très difficiles à gérer.
La procrastination est de règle.
La gestion des priorités est … la dernière des priorités.
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