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Vestiges d’un CSS Guru

Billet

La nouvelle pollution visuelle

14 juillet. Champ de Mars. La tour Eiffel s’éteint pour laisser place au feu d’artifice. D’une seconde à l’autre, je vois des dizaines de téléphones portables et autre appareils photo numérique surgir dans les airs, pour “immortaliser” l’instant. Quel gâchis.

Instantanément, notre champ visuel est restreint par les innombrables bras levés qui viennent obstruer notre vision. Si on ajoute à celà la luminosité irritante des écrans LCD (qui n’est pas sans rappeler celle des villes qui vient perturber la vision des étoiles la nuit), la pollution visuelle est bien présente. Je remercie tous ceux qui ont eu ce réflexe déjà bien implanté, et en particulier ceux à côté de moi qui m’ont clairement illuminé le visage sans remord.

Je veux bien croire que l’on veuille conserver un souvenir du feu d’artifice, mais une vidéo de quelques secondes ou une simple photo est largement suffisante. Quel intérêt de sortir toutes les 2 minutes son téléphone portable, voire pire : filmer l’intégralité du spectacle ?

Sans penser aux autres, ces nouveaux “photographes” et “réalisateurs” devraient penser à eux-mêmes. Parce qu’en filmant, ils se privent inévitablement du spectacle, étant quasi obligé de regarder en permanence la version très basse définition de leur portable qu’ils sont en train de filmer, version qui restera la seule qu’ils connaîtront puisque la “vraie” version, la version “HD”, avec les yeux, en direct, ils ne la verront jamais. Ils ratent tout l’attrait d’un spectacle audiovisuel, en plein air, en direct, où la synchronisation, la diversité et l’homogénéité du tableau pyrotechnique ne peut être vécue qu’une seule fois.

J’émets des doutes quant à la capacité de mémoire de ces gens là, et dans celle d’apprécier l’instant présent, au naturel. Quant à la nécessité d’un feu d’artifice le jour d’une fête nationale (ou la nécessité même de cette dernière), c’est un autre débat.