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Vestiges d’un CSS Guru

Billet

Le web design ce n’est pas que du graphisme

Après une année (ou presque) passée dans le monde professionnel du web design en tant que novice encore en rodage, je me pose encore la question : c’est quoi être web designer ? J’utilise cette dénomination parce que c’était celle de la formation que j’ai suivie, et qu’elle correspond aux 2 principaux aspects de mon travail : intégration et graphisme.

Intégration : l’écriture du code (X)HTML et des feuilles de styles (CSS) associées.
Graphisme : création de visuels, animés ou non, sous Photoshop, Illustrator, Flash…

A ce stade, j’ai d’ores et déjà inclus autre chose que du graphisme dans la notion de “web design” : l’intégration. En effet, coder c’est du web design aussi, et correspond en l’occurrence à la moitié de mon travail.
Cela peut prêter à confusion. On se dit “design = graphisme” et donc que le “web design” se résumerait au “graphisme sur le web”. Mais “to design”, c’est concevoir, penser, réaliser les sites web. Comme le résume très bien l’article Wikipedia :

Le web design désigne la conception de l’interface web : l’architecture interactionnelle, l’organisation des pages, l’arborescence et la navigation d’un site web.

Il y a au-delà de l’aspect purement visuel d’un site celui de son interface, sa structure, son organisation. Il faut se soucier de l’expérience utilisateur et de l’ergonomie du site tout en contournant (ou assimilant) les contraintes du support web. On pourrait inclure comme point important le contenu (mais sa rédaction revient souvent au client) et la visibilité (le référencement naturel, c’est-à-dire celui non payé).

Bref, le web design, c’est tout ça, à plus ou moins grande dose. Et si j’en parle maintenant, c’est non seulement pour marquer la fin de ma 1ère année, mais aussi pour rebondir sur ces 2 articles de 37 Signals qui ont fait couler beaucoup d’encre (ou généré beaucoup de pixels…) :

Web designers should do their own HTML/CSS

Je suis plutôt d’accord avec cette idée. Lorsque je travaille sur un site sous Photoshop, je songe déjà à la façon dont je vais l’intégrer. Je connais les contraintes du web, les outils pour coder, donc en créant une forme sous Photoshop, je sais ce que va me coûter en lignes de HTML et de CSS. Par exemple, l’outil texte sous Photoshop n’est pas très maniable, et l’utiliser dans cet environnement est non seulement fastidieux mais aussi erroné parce qu’on sait que le texte sera au final en HTML et qu’il réagira (et apparaîtra) bien différement. Un autre exemple, ce sont les sites à largeur fluide. Comment le représenter et le réaliser sous Photoshop ? Comment simuler le redimensionnement d’une fenêtre ? Impossible.

On voit que séparer le graphisme et l’intégration peut engendrer des incohérences de design. Laisser à un graphiste le soin de réaliser des maquettes sous Photoshop sans qu’il fasse le code derrière peut poser problème. Peut-être qu’il y a des contraintes de processus de production qui empêchent cela, mais il faut au moins que celui qui travaille sous Photoshop sache comment intégrer ce qu’il est en train de réaliser. C’est la moindre des choses pour un web designer.

Comme le dit Douglas Bowman, ça ne sert à rien de travailler sur un site si on n’a aucune idée de la façon dont il va être implémentée.

Why we skip Photoshop

Ne pas utiliser Photoshop dans le processus de création d’un site ? Difficile à envisager lorsqu’on nous apprend à le faire, et que tout le monde le fait. Et pourtant, c’est une piste à étudier. En l’occurence, 37 Signals passe directement des croquis sur papier au codage en HTML. J’y vois des avantages et des inconvénients.

Avantages

  • Gain de temps : on passe directement au produit final sans passer par la case (souvent la plus longue) Photoshop.
  • Le résultat est là : on code en HTML et le produit final est en HTML.
  • Focus sur les fonctionnalités : on pense navigation, titre, lien plutôt que couleur, dégradé et cercles.

Inconvénients

  • Difficile : il faut être calé en code pour pouvoir obtenir directement ce que l’on imagine.
  • Créativité limitée : une chose est sûre, on ne pourra pas réaliser des sites extravagants en code pur.

J’avoue que cet article m’a intrigué mais m’incite à ne pas passer trop de temps sous Photoshop. Je ne pense pas vouloir (ou pouvoir) coder directement un site mais l’approche est à étudier. Il y a sans doute un compromis à trouver, un instant t où il faut fermer Photoshop et commencer à coder.

Au bout de cet article, j’espère que vous aurez compris pourquoi le web design ne se résume pas au graphisme. Créer un site web est un processus plus compliqué qu’il n’y paraît et doit à tout prix rester cohérent.